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Le Limousin était prédestiné à la porcelaine par son sous-sol granitique,
ses eaux pures et ses forêts.
Mais il fallait une étincelle pour que les hommes
acceptent ce destin puis le portent en eux.
Après plus de cent ans l'aventure continue.
La porcelaine naît
En Europe, au XVllle siècle,
la porcelaine possède une renommée extraordinaire par ses qualités,
mais aussi par les mystères qui entourent sa production.
Grâce à la découverte du kaolin en 1768 à Saint-Yrieix,
la volonté de l'Intendant Turgot, la présence d'une faïencerie à Limoges
et l'invention d'un nouveau type de four,
une exploitation vit le jour dans la ville en 1771.
D'autres fabriques seront installées quelques années plus tard.
L'aventure industrielle
Les premières décennies furent particulièrement laborieuses.
Aux nombreux problèmes techniques se sont ajoutés
les évènements politiques qui survinrent à la fin du XVllle siècle.
Ni l'aide du Comte d'Artois dont le sigle n'eut pas l'effet escompté,
ni le Roi Louis XVI lui-même qui devint propriétaire ne suffirent
à développer la production.
Ce n'est que sous l'Empire, et surtout après, que l'aventure réussit.
L'âge d'or industriel
Grâce aux expériences durement acquises,
à la présence du bois utilisé comme combustible,
aux multiples carrières de toutes les matières premières,
à une main d'uvre habile et bon marché,
la porcelaine de Limoges conquiert le monde.
Ses commerçants, souvent venus d'ailleurs, font atteindre aux exportations
75% de la production.
Les évolutions technologiques apportent de
nombreuses transformations que l'industrie sait utiliser pour
ouvrir de nouveaux marchés.
L'expansion artistique
Faibles et méconnues dans les premières années,
les oeuvres de Limoges occupent une grande place
à partir du milieu du XIXe siècle par les qualités de la matière,
la diversité des formes et des décors, la virtuosité des réalisations
et la valeur artistique de nombreuses pièces.
Les expositions internationales à Londres, Paris, Bruxelles,
Milan, Philadelphie décernent aux manufactures limousines
des prix qui renforcent leur prestige, et particulièrement
les Haviland, Gérard Dufraisse et Cie, William Guérin
et Pouyat avant 1900 et Bernardaud et Tharaud
pour les dernières expositions françaises.
Le renouveau économique
Les deux guerres mondiales, la grande crise mondiale,
l'épuisement des carrières limousines,
la concurrence internationale plagiant souvent Limoges,
ont créé des récessions économiques graves.
Cependant les "trente glorieuses" virent un renouveau avec
des investissements industriels et commerciaux,
une amélioration des techniques et de la productivité.
Des positions ont été acquises dans divers pays,
notamment dans le Golfe-Persique.
Aujourd'hui La réputation de la porcelaine de Limoges
persiste par les commandes prestigieuses des chefs d'états,
rois, princes et ambassadeurs.
Le nom de notre ville est l'un des cinq ou six noms de villes françaises
connus dans le monde entier.
Limoges, même, est souvent synonyme d'un type de production
restreint, ce qui ne correspond pas à la réalité.
Les différentes fabrications Limoges ne s'est pas cantonné
à la production de vaisselle mais a abordé de nombreuses fabrications
telles que porcelaine électrotechnique, porcelaine de laboratoire,
plaques architecturales et de cimetières.
Beaucoup de ces productions ont été abandonnées.
Le patrimoine de la ville porte témoignage de ces fabrications,
notamment aux halles, à la fontaine de l'Hôtel de ville,
au cimetière et dans différentes demeures qui gardent l'empreinte
du goût des Limougeauds pour des bas-reliefs en porcelaine.
Les matières premières
La porcelaine est, de toutes les céramiques d'usage courant,
celle qui exige la plus haute température (1400°C)
et dont la composition, qui n'a pas varié depuis sa naissance
à Limoges, permet d'obtenir les qualités de dureté,
de translucidité et de blancheur tant appréciées.

Les techniques
- le coulage :
La pâte liquide permet la fabrication de nombreuses pièces
grâce à l'utilisation de moules en plâtre qui absorbent l'eau
: cafetières, théières, sucriers, vases, plus rarement des tasses.
Un procédé récent supprime le plâtre par l'usage de moules
en résine.le calibrage : Si au XVllle siècle et jusqu'en 1870,
les assiettes étaient tournées par l'intermédiaire d'une forte main-d'uvre,
des systèmes mécaniques apparus à différentes époques ont
modifié ces pratiques en accélérant les temps de production.
- le pressage :
Le dernier procédé utilise la poudre par un pressage isostatique,
plus particulièrement pour la fabrication des assiettes.
Le décor
La porcelaine a toujours été vendue soit en blanc soit décorée,
faisant vivre ainsi, dans le premier cas, des décorateurs dans
la région, mais aussi à Paris et à New-York.
Des époques ont été propices à l'une ou l'autre de ces formules.
La décoration a attiré les acheteurs et les artistes et des styles
ont eu de grands succès comme l'art nouveau et l'art déco.
Des artistes de renom ont signé des fabrications dans toutes
les manufactures et,
aujourd'hui, ces dernières font toujours appel à des peintres
maison ou venant de l'extérieur.
Si la décoration aux pinceaux a été le premier moyen utilisé,
le procédé de décalcomanie s'est imposé à part de la fin du XIXe siècle
exigeant des entreprises de véritables ateliers d'imprimerie.
Actuellement des firmes se sont spécialisées dans ce type de production.

Les cuissons
La cuisson est le phénomène déterminant de toute céramique.
qui naît véritablement dans les flancs secrets des fours.
La forme des constructions, le tirage, les combustibles utilisés
et les pratiques des cuissons conditionnent les résultats.
L'invention française des fours ronds en 1768 à Sèvres,
la première construction industrielle à Limoges
et tous les perfectionnements qui suivirent ont grandement
servi la porcelaine de Limoges,
malgré une méconnaissance certaine des conditions de transformation
des constituants au cours des cuissons.
Ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que de nouveaux fours
ont remplacé les grands fours ronds avec tous les- avantages
apportés par l'utilisation du gaz,
les techniques de construction et de contrôles supprimant
l'excessive pénibilité du travail et les incertitudes des cuissons.
Le "four à porcelaine des Casseaux", patrimoine industriel,
fait découvrir cette aventure technologique fascinante de la lutte des hommes,
qui ne furent aidés que peu à peu par la science.
Actuellement, des manufactures présentent leur patrimoine :
- parcours de découverte de la manufacture Bernardaud,
- musées Haviland à Limoges,
- les Palloux à St-Yrieix,
- Medard de Noblat à Sauviat-sur-Vige.
Les visites guidées de manufactures :
- Royal Limoges,
- Carpenet,...
Tout cela préfigure un mouvement profond de mise en tourisme
de la porcelaine au travers
du Pôle d'Économie du Patrimoine de la Porcelaine et des Arts du Feu. |